2021

Les milles nuits

Le projet Les milles nuits à pour référence essentielle le monde arabe, son passé, sont présent. En m’emparant de la culture orale et légèrement des comtes populaires, j’essaye de donner une lecture poétique de l’actualité et de la quotidienneté auxquels sont soumis les individus,  tenaillés par l’espoir, l’affliction et la cruauté.

Il manque une nuit aux Milles et une nuit, ce qui la rend interminable. Obscure depuis longtemps et pour longtemps encore.

2020

J’avais été intrigué par la photographie publicitaire d’une destination touristique (statue, palmier, ciel bleu, etc.) qui avait ouvert une réflexion poétique : étant moi même migrant au Canada, issu d’un pays dont l’économie se base principalement sur le tourisme, comment percevoir le déplacement dans des conditions différente que celles relatives aux loisirs,  le métissage forcé, qui est la condition de tant d’individus de nos jours ? Dans cette série, il y a quatre éléments récurrents : la statue d’un torse tronquée, la statue du visage tranchée horizontalement au ras des yeux, le Husky, et un petit palmier. Parfois ces éléments sont rassemblés en un seul grand format. Je n’en présente ici que quelques uns. Le Husky, chien du voyage, est pour moi l’archétype, du nomadisme du déplacement. Il est représenté dans une posture d’attente, une menace domestiquée, à la fois beau et sauvage. Le torse, lui, provient de la photographie d’une statue située dans le belvédère du musée national de Carthage. Ces bouts de statues déterrées et exposées renvoient à un passé culturel méditerranéen. Le corps est morcelé, abimé. Quel rapport avec mon ici et maintenant ? Suis-je seulement bâtit de mythes ? Le visage coupé au ras des yeux est une statue provenant du même endroit. Elle est en retrait, comme un témoin. Enfin, avec le palmier, ce sont le soleil, la mer, les vacances, les rue, bref, le paysage alentour que j’évoque. Mais vu en contre-jour, juste une silhouette. Au fur et à mesure de l’exécution du projet, le thème de l’exode s’est projeté sur le travail recherche plastique. L’objectif est devenu comment trouver de nouvelles façons de représenter le corps dans l’image numérique. Comme si tout ce contenu était à l’état virtuel dans ma réalité. H.G. 2020

Végétal 3

Études

études autour de la série Venus&Venus (parents et enfants )

Venus & Venus

Au commencement du projet, j’avais imaginé une femme étendue dans l’ombre, au bord d’une route au milieu de nulle part, en lisière de forêt, qui aurait pu avoir un accident ou avoir été abandonnée dans la nuit. L’idée a évolué et est devenue la peinture d’une femme dans la nuit, ou dans un vide sombre, sous un ciel comme surplombée par des planètes, une lune/œil, étrange soleil. Le rêve, le fantasme, aussi la sexualité y sont un don de soi à la nature, liant la vie à la mort, dans le cycle qui va de l’enfantement à la disparition. Cette peinture a donné naissance à une série Venus & Venus abordant les questions de l’individu, homme, femme, enfant, dans  la cosmogonie, perdu dans ses actions bénignes, lorsque le désir est sous l’influence d’une machinerie cosmique. J’ai de nombreuses fois visité les sites archéologiques gréco-romains en Tunisie dans mon enfance, on peut y retrouver cet écho lointain, première référence à l’Olympe. On y trouve encore de nombreuses statues en marbre blanc, de dieux, déesses. Au fil du temps, elles se sont brisées. Comme un double de nous-mêmes, elles nous renvoient à nos identités perdues dans les remous du temps. Leurs corps, accomplissant des actions, sont pétrifiés.

 

Olympia

Olympia combine au départ corps nu et végétaux, et se réfère probablement aux œuvres de Gauguin en Polynésie, notamment l’allégorie D’où venons nous, où allons-nous. On y voit des corps à moitié nus en lisière de forêt. Le tableau parle de la traversée de la vie, de la naissance à la mort, et au centre, il y a Ève. Gauguin se réfère lui-même à l’art autochtone polynésien, mais aussi à l’art égyptien, aux allégories bibliques, etc. J’ai voulu m’approprier cette vision primitive du paradis, toujours énigmatique et fascinante. L’Éden, aussi bien que l’Olympe, au bout du monde, sont inaccessibles. Cette traversée, j’ai voulu la voir comme un effort sportif : plus parcours d’obstacle que traversée ; luttes intimes contre soi-même et pour les autres. L’effort produit des intensités variables, des forces de contradictions et de contractions, d’étirements, des chutes, des aveuglements, des démembrements.

Olympia/venus&venus

Le travail de cette année se divise en trois séries. La première aux dominantes bleu azur/bleu écran, consiste à interroger mon environnement immédiat. À Montréal, pourquoi  continuer à percevoir les signes de la périphérie, l’extérieur, le passé, l’au-delà ?

La seconde, nous place entre la vie et la mort. Les personnages ont l’allure de statues antiques brisées ou exposées au musée. Certains corps sont tronqués, parfois c’est la tête, d’autres sont posés sur des présentoirs, traversés de tiges, ou encore accrochées. Ces statues-corps sont aussi des poupées, jouet du destin. Comme dans la mythologie, mes personnages entre l’humain et l’animal sont l’objet d’une machinerie cosmique avec laquelle ils se débattent.

Enfin, la dernière série dans les tons roses/verts, cherche à relier le corps à la terre, à un monde floral, végétal et paradoxalement éthéré.

Dessinssss

Huiles sur papier