Texte

/Démarche

En me nourrissant de l’expérience d’avoir été établi dans au moins trois pays différents, mon travail est traversé par la question de la domestication : comment faire pour que notre environnement, notre destin, notre bonheur nous appartienne en propre? Comment domestiquer et faire siens ce qui  ne cesse de nous échapper ? Comment habiter un monde aux frontières de l’inhumain ?

Mon travail questionne l’absurde situation notre éthos contemporain, l’isolement par le fait même de l’exceptionnalité artificielle de notre individualité. De cette volonté d’être unique et libre advient la fin du monde commun, la fin de l’exotisme, l’aplanissement des différences, le repli sur soi.

Mes peintures se servent d’un monde intime et opaque, fait d’images frontales. Convaincu qu’englué dans ce moi, je ne serais pas capable de vues globalisantes, que ma pensée demeure à tout point de vue privée de hauteur, de recul, que la hauteur même n’est qu’un leurre éphémère, je me contente de ma pulsion vitale et de son mystère en moi-même. Par là, j’espère tout autant que la dénoncer, jouer avec la désuétude de notre individualisme.

Un regard clair s’accompagne d’une part insolente d’opacité.  Ma peinture est un lieu de recherche empirique où j’aspire incarner un ordre illusoire. Et de fait, ce doute vis-à-vis de la position centrale du sujet (que représente l’appareil perspectif à points de fuite) provient peut-être d’une confusion intériorisée opposant orient et occident : là s’affrontent deux manières d’être au monde, deux formes du savoir issues d’appareils théoriques séculaires et opposés. Cette opposition est pour moi importante. Structurelle et nécessaire, elle est le prix de l’interconnexion, de la complémentarité, de la circulation. Si le mystère du monde, comme de la nature humaine, nous restent dans une large mesure inconnus, nous sommes pour le moins des êtres interconnectés et porteurs de contradictions.

Je m’intéresse à la part virtuelle qui accompagne notre individualité. Ce que j’entends par virtuelle ici, c’est ce qui le constitue intimement, ce qui l’accompagne comme mémoires, comme savoirs, territoires, et désirs.

Ma peinture est alors un langage bredouillant, parfois non articulés, prend des orientations claires, parfois paradoxales, se rêve non discriminante, allant du sens au non sens, de l’espace virtuel numérique au simple paysage, du corps articulé à la matérialité organique, puisant simultanément dans les signes du présent, du futur et du passé, l’abstraction répondant à la figuration, englobe geste expressifs, tendances conceptuelles, envies décoratives. Il arrive que la peinture change d’aspect en cours d’exécution, que les figures mises en place soient reniées, effacée, repeinte, que les veilles peintures soient réactualisées, etc.

Je prends le risque de jouer une trajectoire improvisée contre la pensée articulée, l’oralité contre le savoir. Parce que l’oralité est ce qui nous touche le plus au corps, nous traverse émotionnellement, pré subjectivement.

H.G 2021

Végétal (2018)

Hédy Gobaa uses his immediate surroundings as his subject matter. Gobaa presents recognizable flora in a disembodied context, and the result is at once familiar and jarring. As of late and in this exhibition, he paints flowers found on walks in his neighbourhood, and others that he purchases at various florists. His production techniques are involved: He gathers or buys these flowers, photographs them extensively, and then selects and distorts about five percent of the collected images in Photoshop. He then takes a few of these warped digital images, projects them on a wall, and paints from that representation. The images are translated many times before they arrive at anything approximating the resulting paintings.

Gobaa uses digital editing to create the abstractions, what he calls the “realistic illusions” that populate the canvases. Yet there are recognizable flowers in the paintings in this exhibition: Pink carnations bloom in one work, their frilled petals at first burst forth in many shades of bright pink. Upon closer inspection, these petals dissolve into the unexpected geometry of squares and triangles. In another painting, the heads of carnations, seemingly from the same bunch as the ones previously detailed, foreground streaks of hot pink, red, white and black. The background colours are derived

from the colours of the petals, stamens, and stems, and form is reduced to colour and texture. The backgrounds in these works are extensions of the foregrounds, and vice-versa.

What Gobaa is trying to show the viewer is that painting depicts derealized objects rather than actual ones, like his renderings of flowers. The photographic representations are digitally flattened versions of what once was, and perhaps what no longer is: The paintings perform a high tech memento mori. Reproductions of these works are more photorealistic than the paintings themselves. Stand before one of these large works and you see the brushstrokes, it may be easier to understand his artistic intent.

These paintings are reminiscent of the complicated, emotive works of Gerhard Richter, who can paint an abstract canvas that is challenging and interesting, followed by a hyperrealistic portrait that is seemingly devoid of brushstrokes. Unlike Richter, Gobaa’s works manage to synthesize and unify many different styles on a single picture plane, creating works that are uniquely his own.

Text by Marsha Taichman

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