Texte

Demarche 2020, 50 mots

Mes peintures matérialisent une image projetée sur la toile, fragments de photographiques composants un environnement virtuel, un monde fictif.

Je m’intéresse à la photographie numérique, aux logiciels de modélisation ou encore à la web culture.

Je cherche formellement une manière d’incorporer le sujet dans une dimension entre matière et non matière, entre réel et virtuel.

H.G.

 

Démarche 2020,

Mes peintures matérialisent une image projetée sur la toile, fragments de photographiques composants un environnement virtuel, un monde fictif, recréant un événement maintenant scénarisé spatialement.

La peinture m’aide à développer une réflexion complexe, et à « délirer » le monde. Je m’intéresse à la photographie numérique, aux logiciels de modélisation ou encore à la web culture. Je cherche formellement une manière de  dépersonnaliser le sujet. Je n’en conserver que l’apparence, comme une coquille vide, et l’incorpore à une autre dimension, entre réel et virtuel.

Je développe souvent d’autres propositions à partir d’un motif ou d’une ambiance initiale. Cette série peut alors avoir différent histoire à raconter : la question de l’identité dans son déplacement ; le problème d’un phénomène culturel, d’une position politique. Elle peut être lu également comme une recherche esthétique,  ou encore être une réflexion sur la nature de la peinture appareillée ; etc.

 

Les appareils de production comme la photo et l’ordinateur sont important dans mon travail. C’est par eu que le désir initial mue : manipulant mon motif dans un sens ou dans un autre, ne dessinant pas, plusieurs possibilités non envisagées se présentent. Je ne fais alors que prélever, avec la peinture, cette image que je vois sur mon écran et que je projette. Comme une idée travaillée porte la trace de ses manipulations, les appareils induisent d’abord dans ma peinture une présence virtuelle élémentaire, structurelle, mais permettent également une vision modélisée du monde.

 

Dans une société ouverte, le sens réel d’une photographie n’est relatif qu’à celui qui la regarde. Et dès lors qu’on la considère une photo comme un réceptacle recueillant à l’infini des regards différents, elle devient un lieu indéfini. Même si l’on y voit sur une chose qu’on connait, elle ne figure en réalité qu’une série d’ailleurs, d’autres, de différences. Je peux alors y entrer, m’y lier et travailler là. C’est comme être dans la tête de tout le monde à la fois et aussi dans une maison sans toit, ouverte sur le firmament, l’air et le rien. Une photo est pour moi comme un lieu où l’on s’échappe. L’important est de pouvoir l’investir, l’incarner, l’habiter comme un Bernard l’Hermite habite un coquillage. On s’en choisi une où l’on pense vivre un temps. Je suis dans la peinture pour émigrer dans des coquilles, des lieux, de nouvelles peaux, qui me servent de lunettes déformantes ; ce que je vis comme une émancipation et un épanouissement esthétique, intellectuel et sensible.

 

Cette association de la désincarnation (virtuelle) et de l’incarnation (par la peinture) abordent l’idée que deux éléments sont nécessaires et constitutifs à toute réalité et compréhension du monde.  Je tiens également à ce que, dans le monde de ma peinture, on se perde entre matière et non matière, entre le proche et le lointain, entre la surface et la profondeur, entre la chair et son image. Les identités flottent à la surface d’un monde inconnu. Les choses, impersonnelles, ne sont plus que des pensées de choses, des concepts individualisés de choses.

H.G.

 

Démarche texte 2018

Je travaille d’après des photos que je retouche numériquement. Il ne s’agit pas de détruire l’image mais de la transformer en motif, d’en extraire un motif. En ce sens, la photo est creusée jusqu’à ce qu’en émerge un certain rapport de formes et de couleurs. En combinant la photographie, l’appareil numérique et la peinture, j’essaye d’inventer un langage visuel qui passe par la décomposition ou la répétition du même, la rupture brutale du volume et sa transformation en plan, l’étirement et la déformation, etc.

Je sélectionne de la photographie deux ou trois couleurs, pas nécessairement dominantes, à partir desquelles je crée des espaces colorés, numériquement, en adéquation avec le motif. Sur ce fond, les figures, ou fragments de figures, sont détourées géométriquement, rompent brutalement avec les courbes des lignes charnelles, intégrant le volume au monde des surfaces, et même à l’espace numérique de calcul.

La toile de la peinture est assimilée au bureau virtuel d’un logiciel dont elle reprend le langage et le processus –   que par conséquent elle interroge. En montrant que la peinture peut être aussi un écran d’ordinateur, le motif peint devient une figure virtuelle dans un espace virtuel. Les outils numériques qui préparent le travail du pinceau proposent un nouveau genre de geste de peinture.

Ce n’est qu’à travers un appareillage (la photographie, l’objectif, l’ordinateur) que j’aborde mon « sujet ». Ce dernier transit par mon disque dur, soit sous forme de code, soit joué sous frome d’image à l’écran. De là, on peut s’interroger sur les appareils qui nous donnent à voir le monde. Ma peinture lutte peut-être également contre la modélisation propre au numérique par le subtil désaccord qu’elle introduit dans les surfaces, entre matérialité et programmation, calcul.

Les sujets demeurent énigmatiques, et son souvent des métaphores personnelles. Ici les portraits sont souvent mis en équation avec des panneaux abstrait, où plans de couleur et lignes de fuites indiquer peut-être cheminement mental, des idées d’avenir, des choix ou des décisions à prendre, en eux-mêmes abstraits et variables. Les motifs végétaux prolongent en quelque sorte l’idée de réseau ou de trame émergeant à partir motif vivant, organique. Il se construit des avenues insoupçonnées, se creuse des profondeurs, des espaces qui divisent et prolongent le corps.

 

H.G.

 

Text by Marsha Taichman

Végétal

Hédy Gobaa uses his immediate surroundings as his subject matter. Gobaa presents recognizable flora in a disembodied context, and the result is at once familiar and jarring. As of late and in this exhibition, he paints flowers found on walks in his neighbourhood, and others that he purchases at various florists. His production techniques are involved: He gathers or buys these flowers, photographs them extensively, and then selects and distorts about five percent of the collected images in Photoshop. He then takes a few of these warped digital images, projects them on a wall, and paints from that representation. The images are translated many times before they arrive at anything approximating the resulting paintings.

Gobaa uses digital editing to create the abstractions, what he calls the “realistic illusions” that populate the canvases. Yet there are recognizable flowers in the paintings in this exhibition: Pink carnations bloom in one work, their frilled petals at first burst forth in many shades of bright pink. Upon closer inspection, these petals dissolve into the unexpected geometry of squares and triangles. In another painting, the heads of carnations, seemingly from the same bunch as the ones previously detailed, foreground streaks of hot pink, red, white and black. The background colours are derived

from the colours of the petals, stamens, and stems, and form is reduced to colour and texture. The backgrounds in these works are extensions of the foregrounds, and vice-versa.

What Gobaa is trying to show the viewer is that painting depicts derealized objects rather than actual ones, like his renderings of flowers. The photographic representations are digitally flattened versions of what once was, and perhaps what no longer is: The paintings perform a high tech memento mori. Reproductions of these works are more photorealistic than the paintings themselves. Stand before one of these large works and you see the brushstrokes, it may be easier to understand his artistic intent.

These paintings are reminiscent of the complicated, emotive works of Gerhard Richter, who can paint an abstract canvas that is challenging and interesting, followed by a hyperrealistic portrait that is seemingly devoid of brushstrokes. Unlike Richter, Gobaa’s works manage to synthesize and unify many different styles on a single picture plane, creating works that are uniquely his own.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s