Texte

Je privilégie la peinture. Bien que le dessin pour moi compte : je travaille souvent d’abord avec Photoshop, et c’est avec des effets de collage et de découpage que je retrouve le problème de l’expression de la ligne, soit le dessin, par la présence du problème de la forme dans la peinture. Le reste, ce sont des couleurs, des sujets.

La peinture me sert surtout à digérer les évènements de la vie. Rien de bien construit sur le savoir ou la connaissance. Au contraire, la connaissance et le savoir sont un problème car peut-être m’empêchent-ils d’adhérer au monde, dans une certaine mesure en tout cas, c’est vrai. C’est mystérieux.

De série en série, j’essaye de résoudre esthétiquement, plastiquement, des questions que je me pose, des étonnements, des angoisses, des fantasmes, toujours gravitant autour de moi. Jamais loin d’une douleur animale, frontale et bête. Je me sens souvent engluer dans le quotidien duquel rien ne me permet de m’extraire… Je ne vais jamais plus loin que les affaires courantes, je me sers de mes amis, de ma famille, de quelques expériences, de choses lues ou rêvées, de discussions.

Pour cette raison, on pourrait penser que je passe d’un sujet à l’autre, qu’il n’y a pas de ligne directrice dans mon travail. Sauf que le problème est toujours le même : quel que soit le sujet, il faut que ça devienne de la peinture. Et j’ai l’impression que je peints toujours de la même façon, en étant absent, par le subconscient, en utilisant les couleurs que j’aime, toujours premier degré quoi, en créant des décalages, des paradoxes, ce genre de chose.

C’est vrai que je n’ai jamais vraiment vendu de toile. Je ne sais pas vraiment pourquoi. Il y a surement beaucoup de raisons. Ça ne veut pas dire que mon travail est mauvais. Simplement, pour être populaire, il faut commencer par patauger dans la même assiette culturelle que tout le monde. Alors peut-être que je ne fais partie, culturellement parlant, de l’assiette de personne, ou peut-être que je partage des bouts des cultures avec trop de personnes différentes. C’est une des difficultés de l’immigration. Qui est un problème aussi que j’aborde dans quelques séries de peintures.

Si vous lisez ça, c’est que vous vous intéressez à mon travail, ou que vous êtes curieux : merci !

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