2020

/Projet 2020 : La meute et le palais Deux murs sont en vis à vis. Le premier est constitué de chiens qui forment une meute. En face, plusieurs éléments forment un palais fictif :  un buste sculpté, photographié à Carthage, sans bras, ni tête, ni jambe ; une  tête avec un encensoir, sans corps, également provenant du musée de Carthage, coupée au niveau des yeux ; des palmiers nains, plante décorative qu’on retrouve le long des avenues aux abords du palais mais aussi dans les jardins. Ensemble, ils reconstituent les décors d’un lieu de pouvoir : le palais. C’est l’histoire de la prise du palais de Carthage par la rue. Pour ceux de ma génération, Carthage était le lieu impénétrable du palais présidentiel, centre du pouvoir dictatorial de l’ancien chef de l’état Ben Ali. Carthage symbolisait pour nous la violence de l’état, de la classe dominante. Sans doute elle est la ville actuelle en Tunisie où le niveau de vie par habitant est le plus élevé. Lors de la révolution de janvier 2011, Carthage fut prise encore une fois. On aurait pensé par le peuple cette fois… Mais elle s’est aussitôt refermée sur elle-même, tombée dans les méandres de la corruption et du populisme.
/Projet 2020 : La meute et le palais /Contexte   Le monde commence pour moi à Carthage. Cité Punique fondée aux environs de 814 AV.  J.-C. par des colons phéniciens (Tyr, actuel Liban). Carthage c’est d’abord une constitution, aussi une puissance agricole et militaire. Elle fut de fait un carrefour entre l’Orient, l’Afrique et Rome. Étymologiquement, Carthage signifie « Nouvelle Ville » (ironie du sort ou présage ?). Elle n’a pas su faire l’économie de tensions avec les peuples autochtones, et c’est ce qui fut, probablement, la réelle raison de sa chute, et de sa destruction en 146 AV. J.-C par Rome. Les civilisations s’y sont ensuite succédées… Romain, Vandales, Byzantins, Arabes, etc. Pourtant, jamais elle n’appartint aux autochtones. Il faut se remettre dans le contexte des dictatures arabes pré-révolution : après tant d’années de dictature et de protectorat français. C’est pourquoi cette expérience de la révolution fut d’une absolue beauté, d’une absolue libération. Car c’est un tabou qui est tombé : il est possible de renverser un gouvernement politique, par la force. Il est possible d’affronter collectivement la mort. Et il est possible d’avoir un mot à dire sur son avenir. Du moins en théorie. À cet instant, nous le pensions encore.  

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