Centre CLARK, Montréal, janvier-février 2024

















L’exposition regroupait cinq tableaux installés dans le petit espace du Centre CLARK, au sol étaient posés deux néons, un en avant, un en arrière, branchés chacun aux prises électriques murales par un cordon orange. La pièce était plongée dans une semi-pénombre, comme dans un antre, un four au volume géométrique assez propre.
Les tableaux de la série voulaient évoquer une sensation physique, celle, terriblement cruelle, de cuire intérieurement. Cela peut aussi évoquer la question de la chaleur dans l’air du temps, la guerre, l’amour, plus simplement. Car mon approche est aussi intimiste, explore des sentiments très humains, comme la passion ou la peur de la catastrophe. Le titre de la série fait un clin d’œil au concept Deleuzien de devenir, qui m’avait accompagné pendant ma recherche doctorale.
Je ne m’intéresse ni aux brûlures, ni aux cicatrices, ni à rien de médical. Simplement, je voudrais pouvoir imaginer, et peindre, un corps soumis à un haut degré de température, comme être surchauffé par un soleil intérieur, la pierre devenant lave. L’individu est nécessairement soumis à des pressions de toutes sortes, provoquant réaction physique et chaleur, plus ou moins élevées selon l’intensité du stress. Cette chaleur intense est le signe d’une transformation psychologique, émotionnelle et conceptuelle. Pourquoi, depuis la peinture classique à nos jours, personne n’a jamais figuré cette passion si récurrente en nous, l’espoir d’une vie meilleure ?