2017 Végétales racines

Les plantes, à la différence des animaux, n’ont pas la possibilité de se déplacer pour se développer. La graine doit s’adapter au sol sur lequel elle tombe pour survivre. Alors elle s’adapte, transforme parfois son organisme et même son environnement, travail en réseaux et en symbiose. J’y voyais un lien étroit avec l’expérience du « déracinement » et du « rempotage » que tout migrant vit, devenant dans mon cas une expérience esthétique.

Dans chaque peinture croît un motif végétal à partir d’une graine poussée dans un environnement virtuel, un sol et un terrain numérique. J’ai voulu interroger la poussée, la sève, la croissance, à la fois biologique et créative. Je trouve dans  la nature une forme de résilience bienfaitrice. L’outil numérique, grâce aux redondances et aux étirements, me permet de rendre perceptible la temporalité de son dynamisme invisible à l’œil nu mais perceptible dans le temps long. Si elles continuent ici de pousser, c’est  « numériquement » et picutralement.

2016-2015 Plan B (les échappatoires)

Les  toiles de Plan B peuvent être lues comme le récit de mon départ de la Tunisie et de ma réimplantation à Montréal : un ami proche pris en photo chez lui et grâce à qui j’ai pu partir ;  un passant de l’avenue Bourguiba, où je passais beaucoup de temps ; la photographie trouvée dans la presse locale des vendeurs de fleurs de la même avenue, où j’ai acheté un bouquet le jour de mes fiançailles ; une rose du jardin de ma mère ; mes deux neveux en vacances ; le portrait du premier ministre de la culture post-révolution ; le premier achat vestimentaire de mon épouse à Montréal ; mon nouveau quartier, etc.