2019 Venus & Venus

Au commencement du projet, j’avais imaginé une femme étendue dans l’ombre, au bord d’une route au milieu de nulle part, en lisière de forêt, qui aurait pu avoir un accident ou avoir été abandonnée dans la nuit. L’idée a évolué et est devenue la peinture d’une femme dans la nuit, ou dans un vide sombre, sous un ciel comme surplombée par des planètes, une lune/œil, étrange soleil. Le rêve, le fantasme, aussi la sexualité y sont un don de soi à la nature, liant la vie à la mort, dans le cycle qui va de l’enfantement à la disparition. Cette peinture a donné naissance à une série Venus & Venus abordant les questions de l’individu, homme, femme, enfant, dans  la cosmogonie, perdu dans ses actions bénignes, lorsque le désir est sous l’influence d’une machinerie cosmique. J’ai de nombreuses fois visité les sites archéologiques gréco-romains en Tunisie dans mon enfance, on peut y retrouver cet écho lointain, première référence à l’Olympe. On y trouve encore de nombreuses statues en marbre blanc, de dieux, déesses. Au fil du temps, elles se sont brisées. Comme un double de nous-mêmes, elles nous renvoient à nos identités perdues dans les remous du temps. Leurs corps, accomplissant des actions, sont pétrifiés.

Olympia

Olympia combine au départ corps nu et végétaux, et se réfère probablement aux œuvres de Gauguin en Polynésie, notamment l’allégorie D’où venons nous, où allons-nous. On y voit des corps à moitié nus en lisière de forêt. Le tableau parle de la traversée de la vie, de la naissance à la mort, et au centre, il y a Ève. Gauguin se réfère lui-même à l’art autochtone polynésien, mais aussi à l’art égyptien, aux allégories bibliques, etc. J’ai voulu m’approprier cette vision primitive du paradis, toujours énigmatique et fascinante. L’Éden, aussi bien que l’Olympe, au bout du monde, sont inaccessibles. Cette traversée, j’ai voulu la voir comme un effort sportif : plus parcours d’obstacle que traversée ; luttes intimes contre soi-même et pour les autres. L’effort produit des intensités variables, des forces de contradictions et de contractions, d’étirements, des chutes, des aveuglements, des démembrements.

Olympia/venus&venus

Le travail de cette année se divise en trois séries. La première aux dominantes bleu azur/bleu écran, consiste à interroger mon environnement immédiat. À Montréal, pourquoi  continuer à percevoir les signes de la périphérie, l’extérieur, le passé, l’au-delà ?

La seconde, nous place entre la vie et la mort. Les personnages ont l’allure de statues antiques brisées ou exposées au musée. Certains corps sont tronqués, parfois c’est la tête, d’autres sont posés sur des présentoirs, traversés de tiges, ou encore accrochées. Ces statues-corps sont aussi des poupées, jouet du destin. Comme dans la mythologie, mes personnages entre l’humain et l’animal sont l’objet d’une machinerie cosmique avec laquelle ils se débattent.

Enfin, la dernière série dans les tons roses/verts, cherche à relier le corps à la terre, à un monde floral, végétal et paradoxalement éthéré.

Dessinssss

Huiles sur papier

Peintures 2005-2011

Végétal 2

2010

2011

2014-2016