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Dessins

Dessins d’après photos

 

2005

Projet de fin d’étude (DNSEP)

Les peintures ont été réalisées grâce à diverses images de statues antiques, trouvées dans des d’encyclopédies, photographiées puis numérisées,enfin retravaillées par logiciel. Le but du projet était de confronter deux mondes culturels aux antipodes et pourtant similaires.

 

2008

Les secrets

C’est parce que nous nous trouvons continuellement dans des situations où nous sommes inadaptés que nous sommes contraints de ne plus voir que de l’obscurité : lorsque j’éprouve la volonté de connaître, je vois clairement les ténèbres. C’est en faisant le constat que le non-savoir, que le noir, est constant que nous admettrons sa présence absolue. Comme si l’extravagance de notre volonté ne cessait de nous trainer ailleurs, dans l’errance pure, dans un rapport d’inadéquation au monde.

 

2012-2013

Texte

/Démarche

Mes peintures se présentent un peu comme des récits sans dénouements, des narrations ouvertes, construites à partir d’un entrelacement entre peinture, photographie et manipulation numérique. Jouant autour de paradoxes de réalité ainsi que de matérialité, mon travail renouvelle le doute que posait Gerhard Richter sur l’Histoire et la notion de vraisemblables.

Ma pratique s’appuie encore sur ma recherche doctorale Pour une peinture articulée aux appareils, ars et tactilité numérique dans l’acte de peindre soutenue en 2018. La thèse interroge ce que peut la peinture lorsqu’elle s’arrime aux appareils numériques. À ce pôle conceptuel de mon travail s’ajoutent des problématiques sociétales, des questionnements autour de dispositifs installatifs, de thématiques contemporaines, de récits intérieurs.

Parmi les sujets abordés autour d’enjeux sociétaux contemporains, le monde arabe, sa réalité sociale, culturelle et géopolitique, tient une place importante, malgré moi, et cela s’explique par des éléments biographiques1. Une part de moi toujours impliquée m’amène à prendre parti, à développer un regard critique sur le monde. Je me suis intéressé dernièrement à :

  • Le rapport à la matérialité sensible de l’image numérique. (Plan B 2016, Végétal 2018, Projet de fin d’études 2005)
  • L’état guerrier et abandonné de la politique de notre monde contemporain (Cuire : le devenir pizza, 2024 ; Du bonheur en barre, projet en cours)
  • L’identité migratoire, la réduction des espaces, le paysage (Le Monde des bords et des plaines, 2025 ; Géoportrait, naître personne, 2023, Plan B, 2016).
  • L’affrontement politique, l’instinct grégaire, l’Histoire (La meute et le palais, 2021 et Mille nuits, 2020).
  • Les corps, la sexualité, la naissance (Venus & Venus, 2019, Plan B, 2016).

RECHERCHE CRÉATION

Pour une peinture articulée aux appareil, Ars et tactilité numérique dans l’acte de peindre.

Problématique

Étudiant aux beaux-arts, j’avais rapidement adopté les points de vue de Gerhard Richter. J’étais fasciné par ses toiles que je pouvais comparer à celles de Baselitz, que j’aimais beaucoup par ailleurs, lorsque j’allais au musée. Mais Les chandelles refermaient un mystère impénétrable. Deux expériences m’ont toutefois détournée de l’hyperréalisme : ma rencontre avec Photoshop et la découverte de mon intérêt pour le dessin d’après nature. En peinture, j’ai voulu retrouver numériquement l’équivalent de ce que pouvait faire le dessin – geste, déformation – en utilisant des photographies et toute sorte d’outils virtuels, tout en étant frappé par l’énigmatique spatialité de l’écran ainsi que par l’espace de calcul infini du logiciel. Si je parvenais à assimiler ma toile à un écran d’ordinateur, le motif peint deviendrait une figure immatérielle dans un espace hypothétique. Je remarquais que de l’association de la peinture et de l’appareil numérique surgissait une sphère de la sensation et de la matérialité inattendue (la question est développée plus bas, paragraphe 2).

L’élaboration concrète d’un tableau commence par le choix d’une image. Je la déforme, la recompose par logiciel. Parfois les retouches sont mineures, parfois majeures. Le résultat affiché à l’écran est projeté et peint. Au début, les peintures étaient très fidèles au modèle virtuel, aujourd’hui, je m’autorise beaucoup de plus de liberté de spontanéité et d’intervention.

Dans un article de 2011, de Pierre-Damien Huyghe, Peindre comme un appareil, sont mis en parallèle les positions de Gerhard Richter et de Paul Cézanne, qui affirment tous deux vouloir « peindre comme un appareil enregistreur » afin d’échapper à la subjectivité, au style, à la tradition picturale. Les deux peintres partagent le même régime d’expressivité, non pas basé sur l’éloquence, ou la volonté de dire, mais sur la neutralité de l’enregistrement et la sensibilité du voir. Étrange que cela reflète à la fois la position de l’Hyperréalisme et de Cézanne.

Incarner le numérique en peinture, c’est-à-dire viser cet aspect précis pour le tableau par les moyens traditionnels de la peinture, dépossède le peintre de son geste subjectif. Paradoxalement, dans ce système, toute la déformation virtuelle provenant des outils du logiciel est projetée dans l’espace de réalisation manuelle du tableau. Ici, le mécanique devient subjectif. Par ailleurs, installer l’image numérique au cœur de la peinture suggère une ambiguïté de la matérialité du tableau. Quelle est en effet la matérialité réelle de ce qu’on voit, un objet ou une image virtuelle ? Par conséquent, peut attribuer un sujet réel au tableau ? Comment concevoir un hyperréalisme « impur », en tant qu’il aurait été contaminé par l’infinité des versions de l’image numérique, par la profondeur insondable des logiciels autant que par des affects manuels de dessin5 ? Comment se situer par rapport à la question de la neutralité ?

Pour mieux comprendre cette relation que pouvait nouer la peinture et l’outil numérique, l’ancien directeur de mon école des beaux-arts, Jacques Lafon, m’avait suggéré en début de parcours la lecture du Devenir peinture de Pierre-Damien Huygue. Livre où, pour la première fois, était exposée une théorie de l’appareil que l’auteur développera plus tard à maintes reprises, et qui sera enrichi considérablement par la pensée de Jean-Louis Déotte. Une revue en ligne intitulée Appareil sera même créée, conduisant à la contribution de nombreux auteurs. Ce sont tous ces penseurs qui m’ont aidé à proposer l’idée d’une tactilité numérique dans la peinture. Idée qui peut sembler déroutante, tant il est difficile d’imaginer que la technologie numérique puisse se superposer à la tactilité, au manuel, elle qui aurait plutôt tendance à la tenir à distance, ne serait-ce que pour en neutraliser la faillibilité.

Ars numérique et pinceau hybride

Qu’est-ce qu’incarner une image issue de l’appareillage numérique ? Commençons par le logiciel :

C’est parce que l’image matricielle9 est un échantillonnage, c’est-à-dire un processus de codage du réel, qu’une image numérique acquiert une malléabilité formelle, une spatialité différente de celle de son propre plan. La tactilité du pinceau10 numérique acquiert de nouvelles possibilités de représentation et propose de nouveaux territoires à l’expressivité. Les déformations de l’image qu’il peut réaliser passent désormais par divers types d’anamorphoses, des conversions de volume en surface, des transformations d’objets en pure couleur-lumière, etc. Le jeu de la défiguration y est infini et réversible.

L’ars numérique, c’est dans un premier temps le travail singulier de manipulation de l’image que le logiciel rend possible : un sensible qui s’exprime via le software. Il s’agit en général d’une série d’options sélectionnées, voire de gestes commandés par la souris. Mais il y a un deuxième mode du faire numérique, lié celui-là, à la matérialité du support : la notion de tactilité, de manière générale, implique une jonction entre ce qui touche et ce qui est touché. Par exemple, c’est simultanément, dans un appareil photo analogique, que le diaphragme de l’objectif s’ouvre et que l’image s’empreinte, prend forme, sur la pellicule. De même avec un pinceau, c’est simultanément qu’il trace et que la toile enregistre la forme.

Dans la photographie numérique enfin, la capture, qui est un processus d’écriture, donne lieu à un fichier. Comme on parle de sensibilité manuelle, ou de sensibilité de l’appareil photo, on peut également parler de la sensibilité de l’appareil numérique, qui donne aux images numériques leur facture et leur singularité, avant même de parler de la qualité de l’écran d’affichage. La tactilité, c’est ici la facture qu’implique une technologie d’enregistrement/restitution, et c’est pourquoi la tactilité numérique dépend d’un hardware évolue d’ailleurs d’année en année. Toute l’esthétique de l’image numérique ne dépend pas tant d’un œil humain qui sélectionne parmi les options que de l’évolution des matériaux qui lui servent de support.

Ces deux points construisent l’idée qu’il y a un ars propre aux appareils et que cela désigne en réalité ce qui constitue leurs singularités intrinsèques et qui autorise en même temps une expression particulière. Si j’emploie l’expression ars et tactilité numérique dans l’acte de peindre, c’est donc pour rendre compte du couplage de la peinture à l’appareil numérique, impliquant software et hardware. Dans mon travail surgit l’expression d’un pinceau hybride qui découpe et qui déforme des images et dont la tactilité réelle est élargie. C’est enfin l’idée d’une sensibilité manuelle déterritorialisé qui permet de représenter et de penser la matérialité paradoxale et ambigüe, des corps, des objets, des paysages, des surfaces, des volumes, car traversés intensément autant par une énergie vitale que par un espace géométrique impalpable.

Bio/CV

/Bio  

Bi national (Tunisien-Français), j’ai grandi en Tunisie jusqu’à mes 16 ans, suite à quoi j’ai entrepris des études en art visuel en France de 1996 à 2005. De retour en Tunisie, j’ai exposé de 2007 à 2010, jusqu’aux débuts du Printemps arabe. Je me suis installé à Montréal en 2013 pour avoir une liberté plus grande dans mon travail, vivre de ma peinture, développer une pratique expérimentale. Je m’étais alors inscrit au doctorat en Études et pratiques des arts, et obtenu mon diplôme en novembre 2018.

En arrivant, ni mes peintures ni mes expositions de toutes ces années en Tunisie n’ont été prises en compte. D’abord parce que je n’ai pu les emporter avec moi, ensuite parce que peu d’acteurs du milieu artistique s’intéressent au Maghreb. Il est très difficile, lorsqu’on commence et qu’on arrive, de convoquer une réalité politique que personne ne partage.

Quelle stratégie emprunter ? D’abord trouver un moyen de connecter la Tunisie et le Québec, deux mondes différents socialement, économiquement et géographiquement. De fil en aiguille, mes recherches m’ont conduit, voulant créer un pont entre ces deux pôles, à adopter un angle de vue plus large et à réfléchir sur un espace mondialisé ultra connecté.

contact : inst : @hedygobaa / hgobaa@hotmail.com / admin@artmur.com

 

CV/ Expositions

À venir :


Foire Art Toronto, 26-29 novembre 2023


Centre CLARK : Cuire : le devenir pizza, exposition personnelle, janvier 2024

Passées :


Art Mûr : (Géoportrait) naître personne, exposition personelle, mars/avril 2023

Résident au Symposium Baie Saint Paul, août 2022

Art Mûr : Tromper l’oeil, (exposition de groupe), mars 2022

CLARK : Maison Modèle 4, février 2022

Art Mûr : Foire Papier 2021

AVE : Le rétrécissement du monde, six degrés de séparations (exposition de groupe) Juillet 2021

Art Mûr : Terra Nova (exposition de groupe) 2021

Art Mûr : Foire Papier 2020

Art Mûr : Olympia, exposition personnelle, du 9 novembre au 21 décembre 2019

Art Fair : Art Toronto 2019

Art Mûr : Végétal, exposition personnelle, du 03 mars au 29 avril 2018

Art Mûr : Plan B (échappatoires), exposition personnelle, du 16 juillet 2016 au 27 août 2016

Tunisie

Le Cap, Gammarth: Exposition personnelle, Tunis (Commissaire Semia Soussi) 2010

Printemps des Arts de la Marsa : Exposition collective, Tunis (Commissaire, Mahmoud Chelbi) 2010

Espace Le 14: Collectif Blanc, Exposition collective, Tunis (Commissaire Zakia Hamda) 2009

Aire libre d’El Teatro, Sexy art, Exposition collective, Tunis, (Commissaire, Mahmoud Chelbi) 2009

Artyshow: Exposition personnelle, Marsa, Tunis (Comissaires Nadia Khiari,) 2009

Printemps des Arts de la Marsa : exposition collective, Tunis (Commissaire, Mahmoud Chelbi) 2008

Artyshow : Exposition personnelle, Marsa, Tunis (Comissaires Nadia Khiari,) 2008

Artyshow : Exposition personnelle, Marsa, Tunis (Comissaires Nadia Khiari,) 2008

Palais Khair Eddine : Biennale de la méditerranée, Tunis (Commissaire Leila Souissi) 2006

La Rochelle : Participation à une exposition de groupe à, France, 2003

Acquisition :
Musée art contemporain de Baie Saint Paul ; Collection Majudia ; Collection Quantum

Pirx
Décembre 2015, premier prix au concours du Salon des avocats du Barreau de Montréal
Bourse
FARE en décembre 2016
Jean Marc Eustache en avril 2017
Expériences & historique de travail